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La preuve vivante qu’un échange de poste est possible

  • Oct 29 / 2015
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Lors de mes recherches sur internet, je suis tombé sur un article de 2009 sur Keljob, où une personne expliquait comment elle avait échangé son poste avec une autre en 1994. Oui ce n’est pas tout récent… EchangeTonJob n’existait évidemment pas encore et ce ne sont pas non plus les balbutiements d’Internet qui avaient permis cet échange.

Curieux d’en savoir plus, je me suis rapproché de Sophie Meulemans qui a gentiment accepté de répondre à mes questions.

Rien n'est impossible

NB : Bonjour Sophie. Comme le précise l’article sur Keljob, en 1994, vous avez échangé de poste avec une autre personne (Sylvie) qui cherchait, comme vous, à se rapprocher de son lieu de résidence. Quelle était votre situation à l’époque ?

SM : Je travaillais alors pour un organisme de formation, au Mans. Et je devais parcourir chaque jour 60 kilomètres (soit 50 minutes d’autoroute) tous les matins et tous les soirs pour rejoindre mon travail. Cela durait depuis 4 ans et avec un enfant en bas âge, générant beaucoup de fatigue, de perte de temps et de risque d’accident de la route.

NB : Étiez-vous en recherche active pour vous rapprocher de votre domicile ? Comment s’est passé cette rencontre ?

SM : Non, je démarchais les entreprises pour mon employeur. Au cours d’un rendez-vous professionnel dans un grand groupe d’agroalimentaire, j’ai rencontré ma cliente, Sylvie. Nous avons partagé nos situations respectives : nous avions les mêmes problématiques de transport et nous habitions toutes deux, à proximité du travail de l’autre. Nous avions des postes assez similaires (chargées de formation continue) et on s’est dit :”top là, on essaye !”

NB : Comment s’est passé l’échange des postes ? les deux recrutements ?

SM : Le projet a mis 6 mois à se concrétiser. Nous avons expliqué la situation et proposé le défi à nos chefs qui, par chance, se connaissaient. Ils faisaient partie d’une même association de DRH. Ils se sont rapprochés et ont parlé de nous. Il y a eu trois rencontres nécessaires pour finaliser l’échange. A la troisième, j’étais enceinte de mon deuxième enfant et je ne pouvais (ni ne souhaitais) le cacher. Le responsable a choisi de repousser mon embauche à la fin de mon congé maternité. Nous avons défini ensemble les modalités pratiques. Par exemple, un temps de trois semaines, en entreprise “inversée” a permis à chacune de former sa remplaçante.

NB : Est-ce que cela a été positif pour vous ? Pour Sylvie ? Pour vos employeurs ?

SM : Je pense que cela a été un challenge amusant pour tout le monde. Nous avons toutes les deux gagné en temps de trajet et cela représentait une économie très intéressante, sans compter l’amélioration de notre qualité de vie. Pour Sylvie, cela s’est soldé par un gain de salaire. Pour moi, j’ai perdu un peu de salaire et mon statut de cadre, mais cela a été rapidement rattrapé l’année suivante. Je suis resté 4 ans dans cette entreprise. Sylvie et moi sommes restées en contact professionnel, avec des rôles inversés. C’est une expérience formidable que je réutilise encore beaucoup dans mon activité actuelle.

NB : Et maintenant, que faites-vous ?

SM : Depuis j’ai changé de poste. J’avais une formation initiale d’ingénieur en mécanique et aérospatiale. J’avais suivi, pour changer de voie, une formation universitaire de gestion des Ressources Humaines, à raison de 2 jours par semaine pendant 2 ans. J’ai tenu ensuite un poste de Responsable des Ressources Humaines, pendant 10 ans. Actuellement, j’ai démarré une activité de consultant et formateur RH et Management.

NB : Que pensez-vous de mon projet EchangeTonJob ?

SM : A l’époque, Internet démarrait… et ne permettait pas cela. Cet échange a été possible grâce à beaucoup de chance et de volonté constructrice des différents acteurs. Je ne connais pas d’autre exemple similaire, mais je suis la preuve vivante que c’est possible ! Cette idée, cela ne peut que fonctionner. En Ressources Humaines, il est nécessaire d’innover sans arrêt. Il ne faut surtout pas hésiter à dire ses envies à son responsable, à formuler son projet personnel et professionnel. Si tout le monde le faisait, ce serait beaucoup plus simple de gérer les ressources humaines. C’est d’ailleurs le fondement de l’entretien professionnel, obligatoire depuis le 1er janvier 2015, avec le Compte Personnel de Formation (CPF).

Merci à Sophie Meulemans (SMS Recrutement & Formation – sophie.meulemans@orange.fr). N’hésitez-pas, comme elle, à forcer le destin, en vous inscrivant et à réagir à cet article via les commentaires ci-dessous.

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